Constantinople, une capitale inaugurée en monnaies
Le 11 mai 330, Constantin consacre sur le site de Byzance une ville qui porte son nom. L’événement est accompagné d’une émission commémorative qui circulera pendant vingt ans.
Pourquoi là
Le Bosphore commande le passage entre l’Europe et l’Asie, à mi-chemin des deux frontières qui comptent, le Danube et l’Euphrate. Rome, elle, est loin de tout front depuis longtemps, et les empereurs du IIIᵉ siècle n’y résidaient déjà plus.
La nouvelle ville reçoit un Sénat, des distributions de blé, des monuments rapportés de tout l’empire. Elle est pensée comme une seconde Rome, et non comme une capitale de province.
Deux villes sur les revers
L’émission de dédicace associe deux types qui se répondent : VRBS ROMA, avec la louve allaitant les jumeaux, et CONSTANTINOPOLIS, avec une Victoire debout sur une proue de navire. Les deux bustes féminins casqués se font face d’un atelier à l’autre.
Ces nummi sont abondants et peu coûteux aujourd’hui. Ils sont pourtant l’un des rares cas où l’on peut tenir dans la main l’acte de naissance d’une ville qui allait durer onze siècles.
Un atelier nouveau
Constantinople reçoit son propre atelier, dont la marque CONS apparaît à l’exergue. Sa production croît rapidement, et le centre de gravité du monnayage impérial se déplace vers l’Orient — mouvement que la fin de notre période, en 337, ne fait qu’amorcer.
Le solidus créé vingt ans plus tôt trouve là sa maison. Frappé de façon continue à Constantinople, il deviendra la monnaie de référence de la Méditerranée médiévale.
Pour aller plus loin
G. Dagron, Naissance d’une capitale. Constantinople et ses institutions de 330 à 451, Paris, 1974.
RIC VII, Bruun, pour les émissions de dédicace et l’atelier de Constantinople.