Marques d’atelier et exergues
Sous le motif du revers court une bande, l’exergue, où figurent quelques lettres. Elles disent où la monnaie a été frappée, et souvent par quel atelier de la ville.
Lire l’exergue
Les marques associent généralement une abréviation de la ville et une lettre d’officine. PTR se lit prima Treveris, première officine de Trèves ; SMN, sacra moneta Nicomediae, l’atelier sacré de Nicomédie. Les officines sont numérotées en lettres latines ou grecques selon l’Orient ou l’Occident.
Sur les aureliani réformés apparaît la marque XXI, parfois KA en Orient. Elle indique le rapport officiel entre le nouveau bronze argenté et la monnaie d’argent, et signale une émission postérieure à la réforme de 274.
Le réseau des ateliers
Au début de la période, Rome frappe l’essentiel. La crise du IIIᵉ siècle disperse la production : Milan, Siscia, Serdica, Cyzique, Antioche, Lyon pour l’Occident. La réforme tétrarchique organise ce réseau, de Londres à Alexandrie, avec une quinzaine d’ateliers actifs.
Cette dispersion est une aubaine pour le collectionneur. Un même type de revers existe frappé dans plusieurs villes, avec des styles de portrait nettement différents. Beaucoup de collections se construisent ainsi, par atelier plutôt que par empereur.
Le style comme indice
Chaque atelier a ses graveurs et ses habitudes. Les portraits balkaniques sont secs et anguleux, ceux de Rome plus arrondis, ceux d’Antioche reconnaissables à leur traitement de la barbe. Avec l’habitude, le style renseigne avant même la lecture de l’exergue, et permet de repérer une attribution douteuse.