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Lire une légende impériale

La légende d’avers n’est pas un ornement : c’est la carte d’identité de l’empereur au moment de la frappe. Bien lue, elle date souvent la monnaie à une ou deux années près.

Les abréviations courantes

IMP, pour imperator, ouvre presque toutes les titulatures. AVG désigne l’Auguste, l’empereur en titre ; NOB CAES ou simplement C, le César, c’est-à-dire l’héritier désigné. P F, pius felix, pieux et heureux, est une formule de règne devenue quasi systématique au IIIᵉ siècle.

P P signifie pater patriae, père de la patrie. Les surnoms de victoire s’ajoutent après : GERM pour Germanicus, PART MAX pour Parthicus Maximus, BRIT pour Britannicus. Ils indiquent une campagne, donc une date.

Les éléments datants

Deux mentions permettent de dater précisément. TR P, tribunicia potestas, la puissance tribunicienne, était renouvelée chaque année : TR P XVIII signifie la dix-huitième année de cette puissance, donc une année civile identifiable. COS, le consulat, change moins souvent mais se cumule : COS IIII désigne le quatrième consulat.

En combinant les deux, on tombe souvent sur une année unique. C’est ainsi que sont établies les datations fines que vous lisez sur nos fiches.

Lire ce qui manque

Les légendes sont fréquemment incomplètes : flan court, frappe décentrée, usure. On restitue alors les lettres manquantes entre crochets dans les catalogues savants. Une légende partiellement lisible suffit souvent à l’attribution, dès lors que le revers et le style du portrait concordent.