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La nuit où Commode fut étranglé

Le 31 décembre 192, un athlète nommé Narcisse étrangle l’empereur dans son bain. La dynastie antonine s’achève, et avec elle un siècle de transmission ordonnée du pouvoir.

Un empereur devenu Hercule

Les dernières années de Commode tiennent de la mise en scène permanente. Il combat dans l’arène, rebaptise Rome de son propre nom et se fait représenter en Hercule, massue à l’épaule et peau de lion sur la tête.

Cela n’est pas seulement rapporté par des historiens hostiles : le monnayage le confirme. Les aurei et les médaillons de 191 et 192 portent les légendes herculéennes, HERCVLI ROMANO AVGVSTO, et les attributs du héros. Une monnaie est un document officiel : ce que l’empereur y fait graver, il le revendique.

Le complot

Le poison ayant échoué, la conjuration du palais — sa concubine Marcia, le chambellan Éclectus, le préfet du prétoire Lætus — fait appel à un partenaire d’entraînement pour l’étrangler. Le Sénat vote aussitôt la damnatio memoriae et proclame Pertinax.

Quatre-vingt-sept jours plus tard, Pertinax est tué par les prétoriens, qui mettent l’empire aux enchères. Didius Julianus l’emporte, tient deux mois, et quatre prétendants se disputent le pouvoir en 193.

Ce que la numismatique en garde

La damnatio n’a pas fait fondre tout le monnayage de Commode : il reste commun, notamment en sesterces. En revanche les émissions de 193 sont parmi les plus rares de la période. Un denier de Pertinax ou de Didius Julianus se paie plusieurs centaines d’euros, non pour sa beauté mais pour la brièveté du règne qui l’a produit.

C’est une règle générale de la période : la rareté suit la durée du pouvoir, presque mécaniquement.

Pour aller plus loin

Dion Cassius, Histoire romaine, livre LXXIII, témoignage d’un sénateur contemporain.

O. Hekster, Commodus. An Emperor at the Crossroads, Amsterdam, 2002.