Patines et argenture d’origine
La patine est la couche formée par le temps à la surface du métal. Elle protège la monnaie, elle raconte son séjour, et elle fait une part du plaisir de l’objet.
Les patines de bronze
Sur le bronze, la patine va du brun sombre au vert, selon le sol où la monnaie a séjourné et la composition de l’alliage. Une patine formée lentement est lisse, régulière, adhérente. Elle épouse le relief sans le noyer.
Certaines corrosions sont en revanche destructrices. La maladie du bronze, une corrosion active reconnaissable à ses points vert clair poudreux, ronge le métal et progresse. Une monnaie atteinte doit être traitée, pas seulement essuyée.
L’argenture des nummi
Les nummi de la Tétrarchie et les aureliani réformés étaient recouverts d’une fine couche d’argent, obtenue par un traitement de surface du flan. Cette argenture donnait à une monnaie de bronze l’apparence de l’argent.
Elle a presque toujours disparu par frottement. Quand il en reste, elle se voit surtout dans les creux, autour des lettres et au fond du champ, avec un aspect gris clair légèrement irisé. Une pièce qui conserve une partie de son argenture d’origine est nettement plus recherchée qu’un exemplaire nettoyé jusqu’au métal.
Pourquoi ne pas nettoyer
Une monnaie antique nettoyée agressivement perd sa patine, son argenture, et une grande partie de sa valeur. Les brillants obtenus au produit ou à la brosse ne reviennent jamais.
Si une pièce vous paraît sale, laissez-la. Le dépoussiérage à sec et le rangement dans une capsule neutre suffisent. Tout le reste relève de la conservation professionnelle.